Treize mètres de trottoir réservés

Un arrêté municipal daté du 19 mars 2026 réserve désormais à la circulation piétonne la bande de trottoir qui longe la place de Bretagne, entre le débouché de la rue des Ponts et l'angle de la rue Saint-Georges : treize mètres exactement, mesurés au mètre ruban par un agent des services techniques, et matérialisés le 27 mars au matin par des panneaux vissés dans le sol.

Erthzone EURL occupait cet espace depuis 2007.

Pour le dépôt et la reprise des sacs à dos, cela représentait une dizaine de mouvements par jour, souvent groupés entre 8h45 et 9h15, puis entre 17h30 et 18h00. Émilie Roux, au service client, a compté vingt-deux sacs qui attendaient leur tour le vendredi 27 mars, dont neuf déposés la veille au soir par des clients partis travailler à Laxou ou à Vandœuvre.

Deux de ces clients ne sont pas revenus le lendemain. L'un a expliqué au téléphone qu'il avait cherché le dépôt à l'ancien endroit, ne l'avait pas trouvé, et avait renoncé.

Le règlement ne vise pas les ateliers en particulier : il s'applique à toute activité qui dépose du matériel sur la voie publique, qu'il s'agisse de vélos, de skis, de caisses ou de colis, ce qui signifie que la question dépasse largement le cas de cette enseigne et concerne aussi les deux loueurs de cycles installés plus haut vers la rue Gambetta.

Treize mètres de trottoir réservés

Vingt-deux sacs et une remorque

La remorque utilisée pour les navettes entre le local et le point de dépôt mesure deux mètres quarante et ne peut plus stationner sur la bande réservée. Il faut donc la garer rue Saint-Georges, à cinquante-huit mètres de l'entrée, et faire l'aller-retour à pied, parfois avec deux sacs de randonnée de douze kilos chacun sur les bras.

Manon Robert, aux achats, chiffre le surcoût à 340 euros par mois : temps de manutention supplémentaire, deux créneaux de livraison décalés, un renfort ponctuel le samedi matin. La marge sur une réparation de fermeture éclair tourne autour de 14 euros. Il faut donc environ vingt-quatre fermetures pour absorber ce mois-là.

Nicolas Lefebvre, aux devis, a revu quatre propositions en cours pour des groupes scolaires, dont deux émanant du lycée Henri-Poincaré et une du collège de la Craffe. Aucun établissement n'a encore répondu, ce qui n'étonne personne en cette période de conseils de classe.

La question du stationnement n'est pas nouvelle. Elle revient chaque printemps, quand les beaux jours ramènent les randonneurs vers la place Stanislas et le parc de la Pépinière.

Ce qui change cette fois, c'est le calendrier.

Ce que la règle change pour les habitants

Pour un habitant du quartier, le changement est mince : le trottoir est dégagé, la poussette passe, le fauteuil roulant aussi. Pour un client qui venait déposer son sac avant le travail, le calcul est tout autre, car il faut désormais arriver avant 9h00 et repartir avec le sac sur le dos, ou bien trouver une place en zone bleue et payer la durée correspondante.

Émilie Robert, à l'administration, a reçu onze appels entre le 30 mars et le 2 avril. Neuf concernaient les horaires.

Les deux autres portaient sur un même point : le dépôt reste-t-il possible le samedi jusqu'à 13h00 ? La réponse est oui, à l'intérieur du local, mais l'entrée se fait par la porte latérale et non plus par le devant, ce qui a nécessité un affichage provisoire imprimé le 28 mars vers 16h00.

Le local fait quarante-deux mètres carrés au total, dont dix-huit consacrés à l'atelier. On y répare, on y imperméabilise, on y entretient skis et patins. On n'y touche ni au tissu d'un bâtiment, ni à un circuit électrique, ni à un véhicule, et aucune prestation de ce type n'a jamais été proposée ici depuis l'ouverture.

La fréquentation touristique de Nancy suit des courbes connues : pic en mai, creux en août, reprise en octobre. L'atelier vit sur cette courbe depuis dix-neuf ans.

Les réservations de groupes, elles, se décident en avril.

Le samedi matin se remplit trop vite

Le créneau du samedi, de 9h00 à 13h00, concentre à lui seul près de la moitié des dépôts de la semaine, et la file déborde parfois jusqu'à la boulangerie voisine, ce qui gêne autant l'atelier que le commerce d'à côté.

Nicolas Petit, aux rendez-vous, propose depuis le 1er avril un créneau supplémentaire le mardi à 17h30. Six personnes se sont inscrites la première semaine.

Il en faudrait une quinzaine pour que l'ouverture tardive tienne debout.

Rien n'est décidé pour l'instant, et la règle peut évoluer comme rester en l'état. Personne ici ne demande d'exception au règlement : l'atelier veut surtout savoir à quoi s'en tenir avant l'été, parce que la saison des sacs et des skis ne se décale pas, elle.

Trois hypothèses circulent en interne : déplacer le dépôt à l'arrière, fermer le samedi midi, ou payer un stationnement temporaire. Aucune n'est gratuite.